La Vague, une production théâtrale de la compagnie Séraph

Près de trois ans après la catastrophe du 11 mars 2011, Séraph, compagnie de théâtre composée de femmes franco-japonaises, a présenté, du 22 au 24 janvier 2014 à l’Espace culturel Bertin Poirée dans le centre de Paris, sa dernière pièce La Vague.Seraph "La Vague"
Il s’agit de l’adaptation du roman L’océan dans la rizière de Richard Collasse, écrivain français mais aussi PDG de Chanel KK au Japon, inspiré par les événements tragiques liés au séisme de 2011 que l’auteur a vécus au plus près. Lors des trois représentations, la salle était remplie de spectateurs français et japonais. L’auteur est également venu pour la dernière représentation.

La pièce débute avec Sosuké, lycéen et sa mère, à qui l’arrière-grand-mère a raconté le tremblement de terre de Sanriku en 1933. Seraph "La Vague"L’histoire se déroule ensuite autour du séisme du 11 mars auquel cet adolescent de 17 ans est confronté. Le décor est simple, il n’y a quasiment que des chaises. Tout est représenté par les comédiennes, même le tsunami ou les grondements de la terre. Nous nous retrouvons dans un monde hors de l’espace-temps, purement théâtral, mais réaliste grâce au jeu saisissant qui nous fait entendre les soupirs de l’âme des terres sinistrées impossibles à transposer avec de grands décors. La pièce était si réaliste que l’on se revoyait, nous Japonais de France, en train de vivre stupéfaits devant nos écrans de télévision, les images des maisons avalées par une masse liquide et noire. Sur les gradins de tous côtés, résonnaient silencieusement le son des larmes.

Seraph "La Vague"Après ce violent tsunami et face à notre désarroi, nous avons qualifié de « sinistrés » les habitants des lieux ravagés. Nous étions alors peut-être peu sensibles au poids de la vie de chacun d’entre eux, de ceux qui vivent et qui sont partis, ainsi qu’aux différents événements produits autour d’eux. Cette pièce nous a appris des réalités que nous pensions connaître, mais qu’en fait nous ignorions.Seraph "La Vague" Nous souhaitons que cette œuvre théâtrale soit vue par beaucoup de personnes dans plusieurs lieux différents. Il est important de commencer aujourd’hui avant que notre mémoire de la catastrophe s’estompe avec le temps. La pièce ressemble à un troubadour à l’image de l’arrière-grand-mère du jeune garçon qui a légué son histoire à la postérité.

Après chaque représentation, il y a eu un appel aux dons lancé par les actrices. Grâce aussi au soutien de l’équipe de l’Espace Bertin Poirée, 1167,02 € ont été collectés. Comme l’a souhaité M. Collasse, Japonaide s’engage à envoyer ces fonds à l’association KnK (Kokkyo Naki Kodomotachi – Children without borders) qui les utilisera pour venir en aide aux orphelins de ce tragique événement.
Pour finir, nous souhaitons exprimer notre profond respect envers tous ceux qui ont mis leur énergie dans la réalisation de cette pièce de théâtre, ainsi que notre gratitude à tous les spectateurs et donateurs.

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