Regard sur le cataclysme, le travail de volontaire et la reconstruction du pays

Vincent Stevenel 

L’actualité est passée depuis bien longtemps à d’autres sujets, et pourtant, la catastrophe du 11 mars dernier reste là, bien présente dans le quotidien de tous les japonais.

Cet événement a en effet aujourd’hui encore de nombreuses répercussions tant humaines que naturelles, tant au Japon que partout dans le monde.

Ce vendredi 11 mars, alors que je suis au travail, je reçois un message amical d’un proche qui me demande si tout va bien pour mes connaissances japonaises. Etonné, je regarde sur les sites d’actualité et voit à la une la nouvelle d’un tremblement de terre dans le nord du Japon, à Sendai, ville que je ne sais situer sur une carte.
Tout de suite, mes pensées vont vers ce Japon que je connais bien depuis maintenant 10 ans. L’île est constamment touchée par des secousses, plus ou moins violente cela fait parti du quotidien de tous.
Je ne m’alarme donc pas plus que cela, en me disant que cette fois, c’était peut-être plus violent, mais que le pays est prêt et entrainé. Je me remets au travail.

Mais petit à petit d’autres messages viennent s’enquérir de mes amis japonais et je reçois même des nouvelles de personnes plus éloignées qui se demandent où je suis.
De nouveau, les sites d’actualités défilent sous mes yeux et je commence à réaliser que ce tremblement de terre a été très violent et que surtout, il est suivi d’un gigantesque tsunami sur le point de toucher les côtes du pays. Certains journalistes affirment même que pour la première fois, nous pourrons vivre en direct l’arrivée des vagues.

la catastrophe en direct
dans le monde entier

Ces images, nous les connaissons maintenant : des personnes qui courent se réfugier sur les hauteurs, de la boue qui emporte tout sur son passage, qui transperce les maisons, qui transforme en quelques instants le quotidien de centaines de milliers de personnes en un néant.
Les journaux télévisés français du soir nous relatent ce 11 mars vu de Sendai, des villes côtières et aussi de Tokyo où tout semble s’être arrêté. Le monde entier est choqué, pétrifié devant de telles images, comme c’est souvent le cas lorsque la nature frappe un pays.

Je reste interdit, la tristesse est au fond de moi, tout comme elle est présente dans les yeux de ma femme japonaise.

Les quelques nouvelles que nous avons eu de nos proches sont rassurantes, la majorité se trouvant à Tokyo. Quelques photos du bureau des uns et des autres chamboulé nous parviennent, certains marchent en ce vendredi soir jusque chez eux, les transports en communs étant arrêtés.
La soirée se poursuit à Paris, le jour va se lever au Japon C’est donc le moment d’appeler Tokyo et de prendre des nouvelles. Les lignes sont saturées, mais nous arrivons à communiquer et tout semble dans l’ordre.

Toutefois, les informations du samedi sont encore plus terrifiantes. La centrale nucléaire de Fukushima est très touchée, les risques sont réels, le monde a les yeux rivés sur les réacteurs et les fumées qui en sortent. Pendant de nombreux jours, ces images fixent sont diffusées en boucle sur les télévisions, à se demander si, pour l’audimat, il ne serait pas « bon » que cela n’explose.

Pendant que nos yeux sont sur ce risque nucléaire, le réveil est douloureux pour Sendai. La région est dévastée, méconnaissable. Il reste peu de choses, la mer ayant tout emporté. Les secours essayent de s’organiser, le froid est là, les personnes cherchent leurs proches, leurs maisons et vont finalement s’entasser dans les gymnases et centres d’hébergements. Il ne leur reste rien.

Les pénuries se font également sentir à des kilomètres à la ronde. A 300 kilomètres, Tokyo manque d’électricité, d’essence, de riz, de papier toilette,…
La situation dans la capitale ne va pas perdurer et les régions du nord vont découvrir petit à petit l’ampleur des dégâts. C’est considérable.
Mais tout le monde reste calme, digne, organisé. Aucune scène de violence, de panique, d’émeute.

Sendai est à 350 kilomètres au nord de Tokyo.
Fukushima est à 60 kilomètres au sud de Sendai.

Shiogama a été notre lieu d’intervention. La ville se situe au bord du Pacifique, à 20 kilomètres de Sendai.

Ishinomaki a été une ville côtière très touchée qui se trouve à 55 kilomètres de Sendai.

L’épicentre du séisme du 11 mars se situe à 130 kilomètres au large de Sendai et à 30 kilomètres de profondeur.

Sa Magnitude est de 9 (1000 fois plus puissant que la tragédie de Haiti).
Il s’est produit le vendredi 11 mars 2011 à 14h26 heure locale.


2 réponses à Regard sur le cataclysme, le travail de volontaire et la reconstruction du pays

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