Regard sur le cataclysme, le travail de volontaire et la reconstruction du pays

Shiogama, détritus en attente de chargement dans la zone industrielle – 19 juin 2011

Notre dernier jour de travail approche. Cette fois, ce n’est pas en bateau que nous nous y rendons mais en minibus. C’est dimanche et notre organisation n’a pas réellement prévu de travail pour ce jour. Elle nous accompagne toutefois dans le centre régional d’entre-aide.

Les infrastructures du stade de la ville ont été transformées pour laisser place à des habitations précaires, à des lieux de stockage de produits de nécessité et également à un lieu d’accueil pour tous les volontaires. Chaque personne, chaque groupe peut y venir tous les matins. Une mission lui sera alors confiée et du matériel lui sera prêté.

Après les discours d’usage, une petite séance de stretch est organisée afin de nous échauffer. Notre tour arrive et notre mission sera de nettoyer un chemin pédestre sur lequel peuvent également passer des vélos. Sa longueur est d’environ 600 mètres. L’organisation nous fourni un petit véhicule, des pelles, des sacs, bref tout ce dont nous avons besoin.

un centre d’aide
ouvert à tous

A notre groupe se joignent deux jeunes hommes venus au centre. Ils sont étudiants et natifs de Shiogama. Durant la catastrophe ils ont tout perdu et vivent maintenant avec leur famille dans des locaux provisoires. Tous les week-ends, ils viennent offrir leur service pour reconstruire leur ville. Ils trouvent inconcevable de ne pas le faire et sont sur ce point en conflit avec leurs parents qui ne participent pas. L’un a couru se réfugier sur les hauteurs pour échapper in extremis à la vague, l’autre s’est retrouvé piégé dans sa voiture mais a réussi a briser les vitres et à nager sur le rivage.

Le travail avance bien. La répartition des tâches s’est faite naturellement avec les forces en présence. La boue et les branchages qui se sont accumulés se retrouvent dans des sacs, le chemin est balayé, dépoussiéré.

A la pause déjeuner, naturellement, un passant emprunte la portion de voie nettoyée avec son chien, un autre à vélo. Voilà sous nos yeux la récompense de notre travail s’offrir. A l’issue de la journée notre mission est accomplie, tout est dégagé.

Au bord de ce petit chemin une petite étendue d’eau est présente. Quelques carcasses de voiture sont plantées. Un peu plus loin un parking rempli fait son apparition. A bien y regarder, les véhicules alignés sont poussiéreux, très serrés et cabossés. La mer est indéniablement passée par là. Mais où est-elle ? Impossible de le savoir, nous ne la voyons pas, mais certainement là-bas derrière l’usine qui semble encore fonctionner, à plus d’un kilomètre.

Ishinomaki, véhicules broyés par les flots – 6 juin 2011

A l’issue de la journée, un des responsables de notre organisation, propose à ceux qui le souhaitent d’aller voir l’étendue des dégâts non loin de là où nous sommes. Le minibus nous conduit alors dans la zone industrielle de la ville située sur le port. Les voies viennent d’être dégagées.
Les usines sont là, n’ont pas bougées mais tout est détruit à l’intérieur. Les portes sont éventrées, des amoncellements de ferrailles et de machines sont visibles.
De grandes enseignes comme Sony, Toyota défilent sous nos yeux. Des parkings de voitures neuves, d’employés semblent intacts mais tous les véhicules sont compactés.
Un nom vient alors en tête : Pompéi. Même si je ne connais pas cette ville, c’est l’image qui me vient. Tout est là, figé, stoppé dans son mouvement de vie.


2 réponses à Regard sur le cataclysme, le travail de volontaire et la reconstruction du pays

  1. Ping : Japon : 11 mars 2011 : regard sur le cataclysme, le travail de volontaire et la reconstruction du pays #7 | JAPONAIDE

  2. Ping : 東北地方太平洋沖地震 津波被災地ボランティアレポート – 宮城県塩釜市にて 2011年5月30日~6月6日 – | JAPONAIDE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *