Regard sur le cataclysme, le travail de volontaire et la reconstruction du pays

Très vite, des appels aux dons se font entendre dans tous les pays. Des quêtes, des concerts, des représentations, sensibilisent le public à apporter leur aide à ceux qui ont tout perdu.
Même si le Japon est un pays moderne, une puissance économique majeure, le gouvernement ne pourra tout faire seul.

Apporter un soutien financier, avoir une pensée compatissante envers ces personnes qui souffrent n’ont plus ni maison, ni vêtement, ni travail, sont des actes généreux et essentiels.
Ce fut bien-sûr le premier de nos reflexes.

Mais ma femme est japonaise, j’ai passé beaucoup de temps au Japon, j’aime ce pays qui est ma seconde maison. Alors que faire de plus ? Comment apporter une contribution plus « directe » ?

aide, solidarité, générosité

Par chance, mon travail se termine quelques semaines après la catastrophe et nous avions le projet de partir quelques temps au Japon. La question se pose toutefois du fait d’aller dans ce pays, alors que tant de personnes font le voyage retour, alors que le risque nucléaire est toujours là, bien présent, alors que le pays manque peut-être de produits de première nécessité.

Il n’est bien-sûr pas question d’aller là-bas en vacances comme nous l’avions prévu, mais de prendre sur notre temps pour aider sur place dans la mesure de nos possibilités.

Shiogama, centre pour volontaires de Caritas Japan – mai 2011

Ma femme se met alors en quête d’organisations qui pourraient nous accompagner dans notre démarche et en sélectionne deux. Ce sera finalement Caritas Japan (le Secours Catholique japonais) qui retiendra notre attention, bien que ni ma femme ni moi ne soyons croyants. Notre travail est prévu pour une semaine à Shiogama fin mai.

En France, de nombreuses personnes approuvent notre initiative et nous demandent d’apporter des petites choses. Grace à internet, des annonces nous apprennent que des jouets sont nécessaires pour les enfants.
Après des semaines dans les gymnases, ils se lassent, s’ennuient et ont peu pour s’occuper. Un petit tour par les magasins de jouets, nos valises se remplissent de colis qui seront postés de l’aéroport de Narita.

Nous voilà arrivé à Tokyo en ce jour de mai. Il fait chaud, très chaud et cela se ressent d’autant plus que la climatisation du train semble tourner au ralenti. L’éclairage est également tamisé. Une première dans ce pays où le confort des usagers et la ponctualité passent avant tout.
Des petites affichettes précisent qu’il en est ainsi pour des raisons d’économie d’électricité.

Le Japon doit en effet se passer de 15% de son électricité. Après quelques semaines de coupures par roulement dans tout le pays, chacun est mis à contribution dans sa vie et ses gestes quotidiens.
La ville est alors métamorphosée.

Tokyo : rigueur sur la ville

Le soir, les lumières des façades des pachinkos – ces salles de jeux assourdissantes – sont éteintes, tout comme la majorité des enseignes des magasins. Les néons des grands magasins et des combinis – mini-supermarchés ouverts 24h/24 – éclairent à moitié ce qui donne une ambiance plus diffuse.

Les escalators ne fonctionnent pas tous, les écrans du métro affichent en temps réels les consommations électriques de la ville, des publicités incitent les salariés à adopter des vêtements légers en vu de l’été suffoquant qui arrive.

Des mesures sont également prises par les sociétés, incitées financièrement à faire tourner leurs usines la nuit ou le week-end, à décaler les horaires de travail, afin que les consommations d’énergies soient réparties équitablement dans tout le pays.

A la télévision, en même temps que des annonces de secousses apparaissent en temps réel, nous pouvons voir des messages qui préconisent ces économies, ainsi que des petits mots émanant de personnalités artistiques et sportives, qui encouragent tous les japonais. « ganbare nippon ! » (Courage le Japon !)

Après la crise immobilière des années 90, la crise financière de 2007, il est de nouveau demandé aux japonais de faire des efforts. La solidarité est là, mais sur les visages croisés, nous sentons bien que l’énergie manque cruellement, que la secousse du 11 mars a entrainé quelque chose de plus profond en chacun de soi.


2 réponses à Regard sur le cataclysme, le travail de volontaire et la reconstruction du pays

  1. Ping : Japon : 11 mars 2011 : regard sur le cataclysme, le travail de volontaire et la reconstruction du pays #7 | JAPONAIDE

  2. Ping : 東北地方太平洋沖地震 津波被災地ボランティアレポート – 宮城県塩釜市にて 2011年5月30日~6月6日 – | JAPONAIDE

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